4179977352_52cedc8b77_bSorti en 1968, la même année que « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? » de Philip K. Dick, « 2001 : L’odyssée de l’espace » présente, à la différence du monde apocalyptique de l’auteur américain, une vison optimiste de l’avenir. Le livre se déroule sur trois périodes, la préhistoire, au moment de l’apparition de l’homme, le présent qui s’inscrit dans un futur proche pour l’auteur et une dernière partie à peine plus éloignée dans le temps. Chaque époque est marquée par l’apparition d’un monolithe énigmatique, massif et sombre. À mesure que l’homme, influencé par l’étrange pouvoir de ce « menhir lisse et froid », évolue, il approche de la vérité que dissimule ce corps à la fois étrange et attirant.

Stanley Kubrick, par son film, a grandement contribué au succès du livre d’Arthur C. Clarke qui se présente comme une vision accélérée de l’évolution de l’espèce humaine de son apparition jusqu’à sa « métamorphose ».

Ce roman est d’ailleurs le fruit de la fusion entre le cinéma et la littérature. En effet, au départ Arthur C. Clarke reçoit un télégramme à Ceylan, où il réside. Stanley Kubrick intéressé par un film sur les extraterrestres souhaite collaborer avec l’auteur qui accepte sans hésiter. Le cinéaste lui propose alors d’écrire un roman en s’inspirant de sa nouvelle « La sentinelle » qui date de 1948. Le film et le livre sont les produits hybrides de la collaboration entre ces deux génies. Ils nous invitent à une épopée dans l’espace et le temps à la rencontre d’un mystérieux monolithe aux pouvoirs démiurgiques. La révélation sur la véritable nature de cet étrange objet interviendra au cours d’un épilogue troublant.

motivator_hal_9000_soory_daveCe livre, aborde aussi un thème qui résonne aujourd’hui, plus encore qu’à l’époque, comme un enjeu majeur de notre temps : le rapport entre l’homme et la machine. Que l’on ait lu le livre ou vu le film on se souvient tous de cet ordinateur, HAL 9000, qui prend conscience de lui-même et possession du vaisseau. Cet épisode renvoie aujourd’hui au projet des transhumanistes qui prédisent une singularité, c’est à dire le jour ou la machine dépassera l’homme et prendra conscience d’elle-même. Ils militent aussi pour une fusion entre l’humain et sa création mécanique. Je vous renvoie à nouveau à ma critique sur l’essai de Jean-Gabriel Ganascia, « Le mythe de la singularité ».

On sort de « 2001 : L’odyssée de l’espace » avec l’impression d’avoir traversé, au sens propre comme au sens figuré, nombre des obsessions de tout amateur de science-fiction qui se respecte (la vie au-delà de notre planète, les rapports de l’homme avec la machine, le libre arbitre, ce qui nous rend humain, etc.). C’est une porte d’entrée littéraire et cinématographique sur l’univers de la science-fiction. À la différence du film, le récit est court et d’un abord facile. Et si Arthur C. Clarke n’a pas le lyrisme d’un Barjavel, il compense par une intrigue cohérente, une narration fluide et une érudition sans faille !